Géothermie profonde au port aux Pétroles de Strasbourg : Communiqué du collectif d'associations ADIR ASSER ADIQ

LE COLLECTIF D’ASSOCIATIONS PERSEVERE DANS SA LUTTE CONTRE LE PROJET D’IMPLANTATION DU SITE DE GÉOTHERMIE PROFONDE AU PORT AUX PETROLES DE STRASBOURG

 

L’enquête publique  concernant l’autorisation d’ouverture de travaux miniers au Port autonome  de Strasbourg  se déroule du 15 avril jusqu'au 18 mai 2015.

 

Le forage de géothermie profonde est destiné à la recherche d’eau chaude à 4 à 5000 mètres de profondeur. Le terrain mis à la disposition de la société FONROCHE se situe à proximité immédiate de la zone la plus dangereuse du port aux Pétroles soumise au PPRT (plan de protection des risques technologiques). Celui-ci préconise d’importantes restrictions de circulation de voitures, de cyclistes, de piétons et des règles d’urbanisme plus sévères que dans l’ensemble des autres quartiers urbains, ainsi que la limitation d’ implantations ou d’extension d’entreprises dans son enceinte.  Comment peut-on alors envisager une telle implantation !

 

Lors de la réunion publique organisée par le collectif des associations le 10 mars 2015, tous les candidats aux élections départementales, de quelque bord qu’ils soient, étaient présents. Tous, sans aucune exception, se sont prononcés contre  cette implantation voisine de  7 entreprises classées SEVESO seuil haut, causes du PPRT.
 
Parmi ces candidats,  des Adjoints au Maire de Strasbourg et particulièrement son Premier adjoint ont affirmé qu’il était évident de ne pas ajouter du risque aux risques et que, par conséquent, la Ville  manifesterait son opposition dans le cadre de cette enquête publique. Il a également affirmé que, de  plus, la Ville s’engage à ne pas acheter la chaleur produite ; que comme la Ville sera le seul client, le marché tombera de fait.
 
Le Maire Roland Ries l’a confirmé lors du dernier conseil municipal, sans toutefois exclure que le projet se fasse ultérieurement dans une deuxième phase (cf. DNA du 17/04/2015), ce qui ne peut qu’inquiéter le collectif comme la population.
 

Le danger reste bien présent, nous ne voulons pas un moratoire, mais un abandon du projet.

 

De multiples raisons  militent pour que le site choisi du port aux Pétroles ne soit pas retenu :

·         De l’avis des scientifiques, la technique de forage de géothermie profonde n’est pas mature. Elle est donc susceptible d’imprévus nécessitant des ajustements techniques aléatoires qui risquent fortement de créer des perturbations du sous-sol, séismes pouvant conduire à des dégâts aux bâtis privés et industriels.

·         FONROCHE, société retenue pour ce forage, est une société novice en matière de géothermie profonde et donc inexpérimentée.

·         Le sous-sol du site retenu n’est pas connu à de si grandes profondeurs. Les failles par lesquelles doivent transiter les forages ne sont pas répertoriées. La découverte se fera au fur et à mesure de l’avancement des travaux.

·         Il faudra traverser la nappe phréatique, unique réserve d’eau potable pour l’agglomération strasbourgeoise et au-delà. Un risque de pollution par des fuites est à envisager, comme cela a déjà été enregistré dans d’autres forages (ex. à Landau)

·         Toute exploitation de géothermie profonde engendre des microséismes plus ou moins importants.

·         Le site retenu touche non seulement  la zone du PPRT, mais est tout proche des zones densément habitées et des institutions européennes emblématiques de Strasbourg.

·         En cas de dégâts dus à des microséismes, aucune convention d’assurance privée ne les couvre, puisque ces travaux  sont régis par le code minier, donc par l’Etat assureur en dernier ressort. L’expérience montre que les tractations pour les aides et les remboursements ainsi engendrés s’échelonnent sur de nombreuses années. 

 

Le collectif dénonce le manque de transparence de ce projet. Les autorités préfectorales n’ont organisé aucune réunion d’information, ni de communication du public. Les informations sont glanées par les associations  ici ou là, selon leurs relations, leurs rencontres.

 

Il apparaît donc désinvolte et dangereux de persister dans ce projet. Le simple bon sens s’y oppose. Les autorités doivent abandonner définitivement ce projet critiquable par sa localisation dont les risques ne peuvent être maîtrisés et qui concerne toute l’agglomération strasbourgeoise.

 

Le collectif des associations ADIR, ASSER, ADIQ appelle le public  à se mobiliser en nombre pour refuser ce projet en participant à l’enquête publique en cours.

Quand ?  tous les jours entre le 15 avril et le 18 mai 2015, aux heures d’ouverture des bureaux

Comment ?  chaque personne peut déposer son avis en écrivant directement dans le registre d’enquête publique ou en y déposant une petite lettre signée et datée.

Où ?      à la mairie de Strasbourg, centre administratif , Parc de l’Etoile, salle 144, niveau 0

               ou à la mairie de quartier de la Robertsau, 1 rue  du parc à la Robertsau

Il est possible de rencontrer le commissaire enquêteur :

A la mairie de Strasbourg :         
Samedi 25 avril de 9 à 12 heures

Mardi 12 mai de 16 à 19 heures

Lundi 18 mai de 14 à 17 heures
A la mairie de quartier de la Robertsau :                 
Vendredi 17 avril de 14h30 à 17h30

Jeudi 30 avril de 9h30 à 12h 30  

 

Le collectif des associations compte sur une large participation de la population dans le cadre de l’enquête publique  et demande aux élus d’y renoncer de manière définitive, et cela quel que soit le porteur du projet.

 

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