Centième anniversaire de la cité-jardin du Conseil des XV

Oui, cela fait cent ans cette année que les premières maisons du quartier des Quinze, dont peu de gens savent qu’il s’agissait alors de la « cité-jardin » du Conseil des Quinze, ont été construites.

Au début du 20e siècle, la Municipalité de Strasbourg, pour les besoins de sa politique du logement, s'est constitué d'importantes réserves foncières. En 1911 elle lance trois « cités-jardins » en même temps sur ces réserves : celles du Conseil des Quinze, de la Meinau et du Stockfeld, chacune avec une finalité : du logement ouvrier pour les deux dernières, de l’habitat résidentiel pour la première.

Le concept de cité-jardin date de la fin du 19e siècle et a été développé par un urbaniste Anglais, Ebenezer Howard : « Il y a, en réalité, non pas seulement comme on l’affirme constamment, deux possibilités .– la vie à la ville et la vie à la campagne – mais une troisième solution, dans laquelle tous les avantages de la vie de ville la plus active et toute la beauté et les délices de la campagne peuvent être combinés d’une manière parfaite » (Cités-jardins de demain, 1898).

Le concept consiste à réunir en un même lieu les avantages respectifs de la ville et de la campagne, dans des lotissements municipaux de maisons basses où le jardin tient toute sa place.

Les quatre lauréats du concours d'architecture organisé par la Ville pour la cité-jardin du Conseil des Quinze sont J. Müller (architecte du Palais des Fêtes), Edouard Schimpf (architecte de la cité-jardin du Stockfeld), Nadler et Berst. Une synthèse des différents projets sera établie et les premières constructions débuteront en 1912.

Les cités-jardins du Conseil des Quinze et de la Meinau (cette dernière restée inachevée), ont heureusement conservé quelques-unes de leurs anciennes règles, à commencer par une emprise au sol des constructions de 25 % maximum visant à respecter le concept de cité-jardin. Celle du Stockfeld a perdu cette règle mais a gagné la sécurité d’une inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Puis en 1923 un industriel, Léon Ungemach, construira une quatrième cité-jardin sur un terrain mis à disposition par la Ville, à côté duquel s’élève aujourd’hui le Parlement européen.

En réalité ces îlots verts et aérés, éléments du patrimoine architectural urbain, sont très bénéfiques à l’ensemble de la ville en ajoutant à sa diversité paysagère, à son image et à son attrait.

Et il se trouve que le quartier des Quinze est le quartier historique où, en 1926, est née l’ADIQ, ou plutôt la « Société de Sauvegarde du quartier des XV », devenue l’ADIQ en 1973, qui étendit alors peu à peu sa compétence sur les autres quartiers du canton (Orangerie, Marne / Anvers, Musiciens, Rotterdam, Forêt-Noire, Université).

C’est donc tout naturellement que nous avons ressenti le besoin de « marquer le coup » pour ces 100 ans.

Cela s'est déroulé autour d’un verre de l’amitié et d’une exposition historique sur la cité-jardin, le jeudi 14 juin 2012 en salle polyvalente du Bon Pasteur, 12 bd. Jean-Sébastien Bach, en présence de M. le Maire Roland RIES qui a accepté d’honorer ce moment de sa présence, accompagné de son Adjoint en charge du quartier, Olivier Bitz. Le premier magistrat de la ville pouvait-il faire autrement, lui-même résident de longue date de la cité-jardin !

Ce moment convivial, organisé avec l’aide de la mairie de quartier, a été également l’occasion d’inaugurer le nouveau local de l’ADIQ, situé juste à côté de la salle polyvalente.

Jean-Luc DÉJEANT, juin 2012
 

NB : Devant le grand succès remporté par l'exposition historique sur le quartier du Conseil des XV, l'ADIQ a décidé de créer une version informatisée de cette expo qui sera mise en ligne sur ce site, en principe au cours des derniers mois de 2012.

 

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